In Bordeaux Veritas par Olivier Madelrieux

 

Le rituel de l’absinthe

La fée verte De la plante médicinale à l’apéritif tant décrié, l’absinthe a connu une histoire riche en rebondissement.

L’artemisa absiculium tire son nom d’Artémis, fille de Zeus et Déesse de la lune. Elle est vermifuge et antiseptique.

Son usage médicamenteux aurait continué longtemps si un certain major Dubled, courtier en dentelles n’avait rencontré une vieille rebouteuse, la mère Henriod à qui il acheta la formule d’un élixir de santé, majoritairement composé d’absinthe.
Il s’associe avec son beau-fils Henri-Louis Pernod et ouvre une distillerie, la maison Dubled Père et fils en 1798 qui sera repris par la famille Duval.
En 1805, il en ouvre une autre qui devient la toute première distillerie française : la maison Pernod et fils.
Pendant une trentaine d’années, l’absinthe reste une boisson régionale jusqu’à la conquête de l’Algérie, où elle deviendra le médicament contre la malaria et la dysenterie.

L’heure verte :
A partir de 1870, l’engouement pour l’absinthe est national et général et à partir de 17h jusqu’à 19 h toutes les terrasses des grands boulevards en France se remplissent de dégustateurs d’absinthe : on l’appelle l’heure verte.

La fée verte A l'époque de Baudelaire, au milieu du XIXème siècle, le milieu artistique de la bourgeoisie parisienne sortie de ses barrières et de son monde en se jetant dans les bras de la fée verte, propice à l'improvisation et censée libérer la créativité. L'alcool n'est plus seulement qu'une source inspiration poétique et romantique, il devient un véritable encrier baroque. Les poètes et romanciers célèbrent les charmes troublants de l'aguicheuse fée verte. L'absinthe permet à l'auteur de se dépouiller de sa fausse unité, elle lui permet de ne plus être maître de soi, il fréquente des espaces inconnus de l'esprit humain, des espaces ou la lucidité et le génie des plus fulgurants côtoient la démesure la plus sauvage. L'esprit humain vole dans un monde parallèle ou il n'est plus soi, mais est par éclairs, prince de ses nuits.
La fée verte, accompagne son amant du soir dans un vol de nuit perturbé parfois par un tourbillon de génie. Blondin, Verlaine, Drieu, Nimier, ou encore Céline, parmis les plus insolentes et acérées des plumes de la littérature ont été trempées dans l'absinthe verte. Leurs oeuvres furent marquées par une esthétique allant de pair avec une quête d'ivresse, de vertige, d'insolence et de rébellion face aux institutions de leur époque.

C’est en 1907 que les viticulteurs souffrant de l’engouement pour l’absinthe organisent une manifestation au mot de : » Tous pour le vin, contre l’absinthe » un comble !
La ligue nationale contre l’alcoolisme va pendant quelques années multiplier les affiches, tracts, pétitions et c’est en 1914 qu’un décret demande aux préfets d’interdire l’absinthe dans les lieux publics.
Pernod dont c’set la seule production va être obligé de faire des succédanés, véritables produits dérivés, le pastis et l’anisette.
En France, la directive européenne a été aménagée de 1988 à 2011 et l’appellation absinthe est devenue : spiritueux aux plantes d’absinthe.
La meilleure absinthe vient de France ou de Suisse. Evitez celles des pays de l’Est comme la Tchéquie qui sont plutôt des schnaps colorés artificiellement.
C’est la Thuyone qui était très présente au XIX et début du XXème siècle qui a été régulée par la loi de 2006 pour ne pas dépasser 10 mg/l pour les boisons titrant à 25 % d'alcool et plus.


L’endroit incontournable à Bordeaux pour déguster l’absinthe : bar chez le Pépère rue Georges BONNAC : www.chezlepepere.com

Nos préférées :

Par budget :

30 à 50 euros :

50 à 60 euros :

A 60 euros :

En savoir plus sur l'absinthe : www.chezlepepere.com




in Bordeaux veritas !